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Il ne semblait ni surpris, ni intimidé par mon numéro. Ses cheveux poivre et sel dévoilaient un front plissé et un regard amusé. Ses bras robustes, s'échappant comme d'habitude des manches retroussées de sa chemise soigneusement repassée, semblaient cacher un objet dans son dos. Je persistai dans mon rôle en lui jetant un regard inquisiteur, lui qui avait invité un jeune garçon à de si coupables et inavouables agissements. Il rompit le silence en s'approchant de moi.
"Mon garçon, je tiens à ce que les murs de ma bibliothèque restent propres." Il me tendit une pierre d'argent et une éponge. "Alors tu vas me faire le plaisir de nettoyer tes graffitis sur-le-champ." Il entrouvrit la porte de la deuxième cabine. Je sentis mon visage se décomposer. Lui ne cachait pas son plaisir. "Tu déposeras ça dans le local du fond quand tu auras terminé", dit-il en posant le produit ménager devant le troisième lavabo. Il tourna le dos et m'abandonna à ma turpitude.
Je ne sais pas combien de temps je suis resté figé là. De petite garce allumeuse, j'étais soudainement redevenu un petit morveux à qui on venait de tirer les oreilles. Vaincu, je lui reconnus cette victoire et attrappai la pierre d'argent. Mais dès mes premiers pas en direction de ma corvée, mon plug se rappela à mon bon souvenir. Et il était bien plus sévère que ce bellâtre grisonnant. En exécutant ma tâche, à genoux dans cette cabine qui avait été le témoin de mon premier orgasme anal, ma lasciveté redoubla et, avec elle, mon besoin de l'assouvir devint irrésistible. Rapidement, les frottements de mes mains sur le mur s'accompagnaient de bondissements de mes fesses sur mes talons au rythme de ma respiration saccadée. Une fois le devoir accompli, je me dirigeai, confus, vers le local tout au fond du couloir. J'entrai. Il était là. Confortablement assis sur un fauteuil, il replia le journal qu'il tenait entre les mains et m'invectiva sévèrement.
"On ne t'a jamais appris à frapper avant d'entrer ?"
Mon rictus arrogant et mon regard en coin répliquèrent sèchement. Je déposai la boîte jaune sur la paillasse, à côté de l'évier, et me dirigeai vers la sortie.
Je m'arrêtai subitement. Les pensées fusèrent dans ma tête.
Il m'attendait. Il aurait pu simplement retourner à son poste, faire son travail, mais non : il m'attendait. Et tout à l'heure, dans les toilettes, il s'attendait à me voir. De toutes les manières possibles de me punir, il a choisi de répondre à ce message outrancier que j'avais laissé dans un moment d'égarement. Il avait aimé ce message. Il l'avait pris pour lui. Et il avait aimé ça. Et plus il m'humilie, plus il ajoute à son plaisir. C'est pour ça qu'il est là, avec son journal qu'il fait semblant de lire. Il veut que je le dérange dans sa tranquilité. Il veut un prétexte pour me punir.
Je fermai le taquet de la porte du local d'un geste sec et me retournai. Je vis son regard remonter vers le mien et reprendre un air sévère. Il venait de mater mon cul. J'étais rassuré. Mon visage se détendit alors que je m'approchais à pattes de velours. "Vas-y, gronde-moi encore" pensai-je en le caressant de mon regard félin. Il se releva.
"Qu'est-ce que tu fais ? Sors d'ici maintenant !" Dit-il en élevant la voix. Il se fit plus rude. "Tu m'entends ? T'as perdu ta langue ?" Nos torses s'effleurèrent. "Oh !" aboya-t-il en empoignant mes épaules. Si j'avais pu, j'aurais ronronné. J'inspirai fébrilement. Il fixait mes lèvres, à l'affût du moindre mot qui viendrait rompre ce mutisme insolent. Je fermai les yeux pour laisser le champ libre à mes autres sens. Je devais viser juste. Je me sentis frissonner quand un chuchotement sortit finalement de mon sourire malicieux :